4321 de Paul Auster

Promis il est fabuleux 

⭐️⭐️⭐️⭐️⭐️⭐️

  • Enfance
  • Années 50, 60
  • Amérique
  • Roman initiatique
  • Destins

Ce que j’en pense

Ce livre est juste phénoménal, mais malgré cela, bien sûr, il y a un “même si”. Mais bizarrement, je ne retiendrai pas ce “même si”, je ne garderai en mémoire que le côté fabuleux de ce livre.

Alors déjà, il faut comprendre, avoir la clef pour appréhender ce livre. J’avoue avoir failli abandonner faute de l’avoir, et donc ne rien comprendre
(ça m’apprendra aussi à ne pas lire le résumé). Ce livre, c’est 4 livres en 1. C’est une histoire familiale avec notre Archie au centre, mais vue selon 4 réalités alternatives (d’où les N de chapitres : 1.1, 1.2, 1.3, 1.4).

Fatalement, il va être difficile de parler des personnages dans ce contexte. Autant on en aime profondément tout du long (Archie et sa mère, entre autres), certains deviennent quasi principaux dans une version, mais plus que secondaires dans une autre. Quant au père… on l’adore ou pas, selon. Mais alors ils sont tous finement détaillés voir disséqués, ils sont humains, ils sont vivants, nous sommes à leurs côtés, ils nous font vivre avec eux ces 4 vies.

Mais ce livre, c’est aussi un style : il est magnifique, fabuleux et d’une fluidité remarquable (malgré des phrases longues pouvant atteindre 50 lignes… promis, j’en ai calculé une 😂), mais promis aussi, on ne ressent pas cette longueur, limite on ne s’en rend même pas compte. Mais c’est aussi là que mon seul et unique “même si” arrive : il y a parfois quelques longueurs. Je confesse, j’ai sauté quelques pages (mais vraiment pas beaucoup en proportion de la taille du livre).

Et cette fin… tout du long, je me triturais les neurones à savoir comment l’auteur allait bien pouvoir conclure son livre avec 4 histoires. J’avais envisagé beaucoup de solutions, mais pas la sienne, qui est juste plus que parfaite en fait.

❤️ En conclusion, promis ce livre est remarquable et fabuleux, tant par son originalité, son style, sa profondeur, son humanité, que par sa facilité (apparente) à faire s’entrecroiser 4 destins différents. Bref, une pépite littéraire à qui l’on pardonnera ses quelques petites longueurs occasionnelles.

De quoi ça parle

À en croire la légende familiale, le grand-père nommé Isaac Reznikoff quitta un jour à pied sa ville natale de Minsk avec cent roubles cousus dans la doublure de sa veste, passa Varsovie puis Berlin, atteignit Hambourg et s’embarqua sur l’ »Impératrice de Chine ». C’est à son bord qu’il franchit l’Atlantique en essuyant plusieurs tempêtes, puis débarqua dans le port de New York au tout premier jour du XXe siècle. À Ellis Island, par une de ces bifurcations du destin chères à l’auteur, le nouvel arrivant fut rebaptisé Ferguson. Dès lors, en quatre variations biographiques qui se conjuguent, Paul Auster décline les parcours des quatre possibilités du petit-fils de l’immigrant. Quatre trajectoires pour un seul personnage, quatre répliques de Ferguson qui traversent d’un même mouvement l’histoire américaine des fifties et des sixties. Quatre contemporains de Paul Auster lui-même, dont le « maître de Brooklyn » arpente les existences avec l’irrésistible plaisir de raconter qui fait de lui l’un des plus fameux romanciers de notre temps.