couverture Voyou de Itamar Orlev

Amour ou haine ?

4,5 / 5

  • Pologne
  • Seconde Guerre Mondiale
  • Chronique familiale
  • Alcoolisme
  • Souvenirs
  • Nombre de pages: 464 pages
  • Paru en: 2018

Ce que j’en pense

Ce livre est ce genre de livre dont je n’attendais rien, mais qui m’a énormément donné et apporté.

Je l’ai trouvé beau malgré sa violence. Car derrière cette violence il y a ce gamin devenu adulte qui se cherche lui-même au travers des yeux de son père, des bribes d’amour qu’il peut lui donner. Espère t’il trop où est-ce réel et vrai ?

Enfant battu, Tadek a t’il réussi à chasser ses propres démons en faisant face à son bourreau ?

Au travers cette histoire familiale et père / fils en particulier, on découvre l’histoire rurale de la Pologne pendant la seconde guerre mondiale (entre autre). Autant on connaît tous le camp d’Auschwitz, autant j’ai découvert un autre camp polonais d’extermination beaucoup moins connu: celui de Majdanek.

Et grâce à Stephan, on apprend énormément. Étant alcoolique complètement dépendant, ses propos sont parfois décousus. On alterne de périodes (j’avoue le livre entier est assez décousu à ce niveau) et pourtant c’est hyper simple à suivre et à comprendre.

Il y a aussi beaucoup de réflexions intimistes qui pourtant ne peuvent que nous parler.

J’ai eu des sentiments plus que diamétralement opposés durant cette lecture. Haissant et méprisant Stephen en tant que père, ayant peur de lui en tant que combattant, je l’ai aussi admiré par moments. N’est pas ce genre de sentiments opposés que nous ressentons pour un parent qu’on déteste en l’aimant en même temps ?

En conclusion, un lecture qui ne peut que nous toucher aussi bien au niveau humain qu’au niveau historique. Cette lecture est particulièrement forte et puissante, ou la violence est banale, et nous oblige parfois à nous interroger, à nous remettre en question: Stephen est la pire des ordures mais son passé « historique » peut-il contrebalancer. Peut-on différencier l’homme du père? Pouvons nous aimer et haïr en même temps une personne ?Est-ce que moi j’aurais pu surmonter les traumatismes ?

De quoi ça parle

Lorsque sa femme le quitte, emportant loin de lui leur jeune fils, Tadek voit sa vie se lézarder, rattrapée par la solitude. Son frère et ses soeurs sont depuis longtemps partis d’Israël, et sa mère, face à son désarroi, n’a qu’une rugueuse indifférence à lui offrir. Il n’a plus pour compagnie qu’un fatras de souvenirs, de cauchemars – et un fantôme, celui de son père, qu’il n’a pas revu depuis vingt ans. Sur un coup de tête, Tadek décide alors de quitter Jérusalem pour retrouver ce dernier, qui croupit dans un hospice de Varsovie. Nous sommes en 1988, et la Pologne est grise derrière le rideau de fer.
L’homme qu’il découvre n’est plus que l’ombre du personnage flamboyant qui a marqué son enfance. Stefan Zagourski était jadis un ogre, une force de la nature, un séducteur – et un monstre. Il buvait, vitupérait, cognait, faisait régner la terreur au sein de sa famille, qui a préféré le fuir en émigrant, et l’oublier. Aujourd’hui, c’est un vieil homme pitoyable aux portes de la mort, à moitié impotent, rongé par l’alcool, les rancunes et la rancoeur, hanté par les atrocités de la Seconde Guerre mondiale dont il fut à la fois une victime et un bourreau. Une semaine durant, incapables de s’aimer, incapables de se haïr, père et fils vont se confronter et affronter ensemble les spectres du passé, à la recherche d’une impossible réconciliation.
Pour son entrée en littérature, Itamar Orlev, récompensé en Israël par le prix Sapir du meilleur premier roman, signe une magnifique histoire de filiation. Une histoire d’amour. Une histoire de la violence.

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