
Addictif
5/ 5
- Biographie romancée
- Roman historique
- Guerres mondiales
- Procès
- Camps de concentrations
- Nombre de pages: 384 pages
- Paru en: 1976
Ce que j’en pense
Il y a des livres qu’on lit, et d’autres qui nous hantent. #lamortestmonmetier fait clairement partie de la deuxième catégorie.
Je savais que c’était inspiré de l’histoire vraie de Rudolf Höss, commandant d’Auschwitz. Mais je ne m’attendais pas à ça. Ce roman ne cherche pas à choquer par des descriptions horribles. Il fait pire : il nous enferme dans la tête de Rudolf Lang (nom fictif), et c’est glaçant.
On suit son parcours, de son enfance marquée par une éducation traumatisante jusqu’à son rôle dans la machine nazie. Et ce qui me perturbe le plus, ce n’est pas la violence. C’est l’absence totale d’émotion, de ressentis, de sentiments, d’humanité. Lang n’est pas un homme animé par la haine, ne semblant même pas spécialement antisémite. Il obéit, c’est tout. Il veut juste bien faire son travail, être efficace. Peu importe ce qu’on lui demande. S’il avait dû écosser des petits pois, il l’aurait fait avec le même sérieux et la même productivité . Mais on lui a demandé autre chose…
Ce qui m’a bouleversée, c’est que tout est raconté de façon froide, détachée, presque impersonnelle. À force, on finit par perdre de vue qu’il s’agit de vies humaines. L’auteur parvient à nous faire ressentir cette déshumanisation, où les victimes sont réduites à des « unités » et la mort devient une question de « rentabilité ».
Et puis, il y a son évolution. On commence avec un enfant qu’on a envie de protéger… et on finit par éprouver un mépris total pour l’homme qu’il devient. Pourtant, il n’a jamais vraiment changé. Juste suivi un chemin qui, avec du recul, semble presque logique.
En conclusion, un livre dur, mais essentiel. Il soulève des questions terrifiantes : Comment est-il passé du petit Rudolph au SS-Obersturmbannführer? Comment la machine nazie a-t-elle pu transformer des individus ordinaires en instruments de mort ?
Un livre qui nous fait vivre l’horreur la plus absolue et ressentir cette déshumanisation propre à ce lieu… mais vue pourtant depuis les bourreaux…
PS: la période d’entre 2 guerre est particulièrement intéressante pour comprendre la détresse allemande et comment l’autre moustachu a su l’utiliser.
De quoi ça parle
le livre de poche n° 688 – 689 – 1962 – 455 pages
« Le Reichsführer Himmler bougea la tête, et le bas de son visage s’éclaira…
– Le Führer, dit-il d’une voix nette, a ordonné la solution définitive du problème juif en Europe.
Il fit une pause et ajouta:
– Vous avez été choisi pour exécuter cette tâche.
Je le regardai. Il dit sèchement :
– Vous avez l’air effaré. Pourtant, l’idée d’en finir avec les Juifs n’est pas neuve.
– Nein, Herr Reichsführer. Je suis seulement étonné que ce soit moi qu’on ait choisi… »
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