
Hommage
⭐️⭐️⭐️⭐️⭐️
- Espionnage
- Débarquement
- Femmes
- Thriller historique
- Résistance / Nazisme
- Nombre de pages: 599
- Paru en: 2004
Ce que j’en pense
“Au cours de la Seconde Guerre mondiale, les services spéciaux britanniques envoyèrent en France 50 femmes agents secrets. 36 d’entre elles survécurent. Les 14 autres firent le sacrifice de leur vie.
C’est à elles toutes que ce livre est dédié.”
Voilà le prologue du livre, et autant vous dire que l’émotion ressentie alors est présente tout du long.
On suit alternativement, d’un chapitre à l’autre, Betty, espionne anglaise cheffe de groupe, et Dieter, gestapiste sur la trace des résistants en général et de Betty en particulier. La tension nerveuse monte crescendo, au point où j’ai eu parfois du mal à continuer tant j’imaginais la suite… La peur est la pire des tortures. Dire que nous sommes plongés corps et âme dans l’histoire serait encore un euphémisme.
Côté personnages, j’ai adoré ces femmes hétéroclites (considérées à l’époque comme des “rebuts de la société”) du réseau Corneille, cela va sans dire. Mais le plus troublant (pour moi) est de ne pas avoir haï et détesté viscéralement Dieter. Cet homme est (sur)humanisé par l’auteur, tout comme Stéphanie, sa compagne collabo. C’est particulièrement déroutant et très intéressant à la fois. Vraiment… à lire pour me comprendre !
L’auteur a toujours su mettre en avant les femmes en général, et les laissées-pour-compte en particulier, dans ses livres. Celui-ci ne déroge pas à la règle. À travers toutes ces femmes fictives, il rend hommage à toutes celles que l’histoire a souvent oubliées ou trop vite jugées, mais qui se sont sacrifiées pour notre liberté présente.
Même si ce livre n’est qu’une fiction, il s’appuie sur des faits et des personnages réels. Le compte à rebours avant le Débarquement ajoute une tension supplémentaire à l’ensemble. Même si l’on connaît l’Histoire, on ne peut trembler, alors imaginons (et rendons hommage par la même occasion) le stress et l’abnégation de tous ces sauveurs restés pourtant anonyme.
En conclusion, l’auteur a su nous concocter un thriller psychologique, féministe, LGBT et historique avec un véritable jeu du chat et de la souris. Un livre plus actuel que jamais à tous les points de vue. Plus jamais ça !
De quoi ça parle
Fin mai 1944, les armées alliées préparent le débarquement sur les côtes normandes. Dans le village de Sainte-Cécile, à quinze kilomètres de Reims, les Allemands ont installé un central téléphonique à l’intérieur d’un château historique.
En vain, l’aviation britannique a essayé de détruire cette place stratégique. Un raid des résistants locaux organisé par Betty Clairet, major de vingt-neuf ans dans l’armée anglaise, s’est également soldé par un échec car le MI6 avait sous-estimé les effectifs de la garnison.
Revenue à Londres en ayant subtilisé le laissez-passer d’une femme de ménage du central téléphonique, Betty réussit à convaincre ses supérieurs d’organiser une nouvelle tentative de sabotage en recrutant elle-même quelques femmes qui vont former un commando unique en son genre.
Elles ont une semaine pour réussir leur mission mais elles ignorent qu’à Sainte-Cécile, un agent de renseignement nazi a pu obtenir des informations capitales sur la résistance en torturant un des rescapés de l’assaut manqué.
Ken Follett excelle par-dessus tout dans le thriller historique et son roman, qui se déroule durant les dix jours qui précédèrent le débarquement allié du 6 juin 1944, ne déroge pas à la règle.
Construit selon une suite de rebondissements dramatiques qui opposent en permanence les deux camps, Le Réseau Corneille met en lumière le rôle indispensable joué par la résistance, et plus particulièrement la place tenue par les femmes dans ce combat quotidien. Claude Mesplède
Votre commentaire