La disparue du boulevard Voltaire de Pierre-Etienne Musson

couverture La disparue du boulevard Voltaire de Pierre-Etienne Musson

Addictif

4/5

  • Polar historique
  • Faits divers réels
  • Enquête journalistique
  • Enquête policière
  • Disparition d’enfant
  • Nombre de pages: 296 pages
  • Paru en: 2025

Ce que j’en pense

Il y a des livres qui réussissent un équilibre rare, et celui-ci en fait partie. La disparue du boulevard Voltaire m’a séduite par ce contraste saisissant entre la gravité du sujet – la disparition d’une enfant – et la légèreté apparente du style. C’est à la fois sombre et fluide, historique et terriblement actuel.

L’auteur nous plonge dans le Paris de 1907 sans jamais en faire trop. On retrouve les beaux boulevards haussmanniens, mais aussi les quartiers mal famés, la misère sociale, les violences conjugales, les orphelinats pleins à craquer et les « Apaches » qui terrorisent les rues. Ce décor sert de toile de fond à une enquête haletante, inspirée de faits réels, qui secoua toute la France de l’époque.

Ce que j’ai beaucoup aimé, c’est la façon dont l’auteur mêle l’intime et le politique. À travers l’histoire de cette fillette disparue et de sa famille, il explore les mœurs de la Belle Époque, mais aussi le rôle démesuré des journaux à sensations. On voit à quel point la presse pouvait orienter l’opinion publique, jusqu’à faire vaciller des décisions gouvernementales comme l’abolition de la peine de mort. Impossible de ne pas y voir un écho glaçant avec le fonctionnement de certains médias aujourd’hui.

Les personnages sont tous intéressants, mais j’ai été particulièrement touchée par la mère de la petite Marthe : son désespoir, sa douleur, et malgré tout son espoir, sont rendus avec beaucoup de justesse. On retrouve aussi le journaliste prêt à tout pour vendre du papier, le commissaire acharné qui tâtonne avec les moyens de l’époque (photos, empreintes digitales), et cette galerie de figures qui incarnent la société parisienne dans toute sa complexité.

Et puis il y a le dénouement, impossible à anticiper. Je me suis laissée totalement surprendre par les retournements de situation, preuve que l’auteur sait parfaitement entretenir la tension jusqu’au bout.

En conclusion, La disparue du boulevard Voltaire est un polar historique marquant : documenté, immersif, captivant. Il éclaire une affaire oubliée, en révèle les enjeux sociaux et politiques, et parvient à faire vibrer autant qu’à interroger. Une lecture forte, à la croisée du fait divers, du roman noir et de la chronique sociale.

De quoi ça parle

Paris, 1907. Albert arpente les rues du XIe arrondissement dans un état de panique absolue. Marthe, la fillette de 12 ans qu’il accompagnait à un spectacle de music-hall à Ba-Ta-Clan s’est évaporée. Albert et Marissi, la mère de la petite, se rendent au commissariat pour signaler la disparition. Fugue, rapt, mauvaise rencontre, accident… le mystère est total pour le scrupuleux commissaire Georges Hacquart et les limiers de la Sûreté chargés de l’affaire.
Alors qu’une réforme judiciaire prévoyant l’abolition de la peine de mort est en cours, l’enquête piétine et l’opinion publique gronde. Alimenté par les révélations de journalistes peu scrupuleux, le feuilleton de cette disparition va tenir la France en haleine pendant plusieurs semaines… jusqu’à son dénouement final.

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