
Addictif
⭐️⭐️⭐️⭐️
- Orphelins
- 1893
- Polar / Roman noir historique
- Meurtres
- Travail des enfants
- Nombre de pages: 384 pages
- Paru en: 2024
Ce que j’en pense
Avec Marques de fabrique, on plonge directement dans un polar historique sombre et foisonnant, porté par une ambiance à la fois réaliste et oppressante. J’ai été frappée par l’originalité de l’intrigue, mais aussi par la manière dont elle s’intègre parfaitement dans le contexte social et industriel de la fin du XIXᵉ siècle. Orphelins, travail des enfants, condition féminine : tout cela résonne avec force et donne au récit une profondeur qui dépasse le simple cadre policier.
Les personnages sont un vrai atout. Claude, cette femme déterminée qui refuse de se laisser enfermer par les interdits de son époque, et Sœur Placide, investie auprès de ses pensionnaires, m’ont semblé aussi crédibles qu’attachants. Leurs parcours très différents se rejoignent peu à peu, et leur duo crée un équilibre intéressant. Même les personnages secondaires sont bien campés, chacun à leur place dans cette fresque dense.
Le rythme est lent, c’est vrai, mais cela correspond à l’époque. Et malgré cette lenteur apparente, il n’y a pas de temps mort : chaque chapitre fait progresser l’enquête et entretient le suspense. J’ai apprécié cette construction, où deux intrigues se développent séparément avant de s’entrelacer. Le tout est cohérent, logique, et donne envie d’avancer toujours plus loin.
Bien sûr, on sent que c’est un premier roman, avec quelques imperfections par moments. Mais la plume de Cécile Baudin est déjà solide, fluide et efficace. Elle parvient à installer une atmosphère inquiétante, presque étrange, qui teinte le récit d’une tonalité particulière, entre réalité et illusion. Certaines scènes sont marquantes, d’autres plus discrètes, mais l’ensemble tient très bien la route.
En conclusion, Marques de fabrique est une très belle découverte. Ce n’est pas un coup de cœur absolu, mais un premier roman historique qui se distingue déjà par sa richesse et son originalité. J’ai aimé l’ambiance, les personnages, la manière dont les enquêtes s’ancrent dans le social, et je suis vraiment curieuse de lire la suite. Si les petites imperfections de jeunesse disparaissent, l’autrice a tout pour s’imposer durablement dans le paysage du polar historique.
De quoi ça parle
Ain, 1893.
Pour exercer son métier d’inspecteur du travail, Claude Tardy est obligée de se travestir en homme, avec la complicité de son mentor Edgar Roux. Lors d’un contrôle dans une tréfilerie, ils se retrouvent face à un étrange suicide : un jeune homme pendu, prisonnier dans des fils de métal. Plus étonnant encore, la découverte dans un lac, trois mois plus tard, d’un corps congelé… Celui d’un ouvrier, sosie du suicidé.
Non loin de là, sœur Placide accueille les nouvelles pensionnaires des Soieries Perrin, des orphelines employées et logées dès leurs douze ans jusqu’à leur mariage. Elle est bouleversée par l’une d’elles, une fillette blonde qui ressemble à s’y méprendre à Léonie, une ancienne pensionnaire. Qui, partie pour se marier, n’a plus jamais donné de nouvelles…
Deux enquêtrices pour deux mystères inextricablement liés qui révèlent la face sombre de la révolution industrielle.
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