
Féministe
⭐️⭐️⭐️⭐️
- Réécriture / Hommage
- Féminisme / Milady
- Les 3 Mousquetaires
- XVIIe siècle
- Justice
- Nombre de pages: 480
- Paru en: 2025
Ce que j’en pense
Quand on pense à Milady, on pense fatalement à la manipulatrice, à la traîtresse des Trois Mousquetaires. C’est comme ça qu’Alexandre Dumas nous l’a imposée. Et, comme beaucoup, je l’avais toujours détestée. Mais avec Je voulais vivre, Adélaïde de Clermont-Tonnerre prend le pari audacieux de donner enfin la parole à cette femme tant décriée. Et ça change tout.
J’ai été émue, profondément. Parce qu’ici, on découvre l’histoire derrière l’histoire. On ne se contente plus de juger Milady pour ses actes, on apprend à la connaître, à comprendre ce qui l’a façonnée. Et ce regard-là, raconté par une femme et non par un homme, bouleverse. C’est un roman qui oblige à revoir son jugement, pas seulement sur Milady, mais aussi sur la manière dont notre société a toujours jugé les femmes : sur les apparences, sur des comportements sortis de leur contexte, sans jamais chercher à savoir pourquoi.
Le projet est à la fois audacieux et très intelligemment mené. L’autrice modernise l’héritage de Dumas sans le trahir, elle garde le souffle du XVIIe siècle tout en offrant une lecture d’une actualité brûlante. On est à la fois dans l’hommage et dans la réinvention. Et c’est cette modernité qui frappe : parce que ce n’est pas seulement l’histoire d’une héroïne mal comprise, c’est une remise en question de tout un regard collectif posé sur les femmes depuis des siècles.
Au-delà de la réflexion, il y a aussi l’émotion. Le texte est fort, puissant, mais aussi profondément humain. On se surprend à éprouver de l’empathie pour celle qu’on avait toujours haïe, à voir en elle une victime avant une coupable. Et ce basculement, cette inversion des rôles, c’est la vraie réussite du livre.
En conclusion, Je voulais vivre est une réécriture brillante, moderne et nécessaire. En donnant une voix à Milady, Adélaïde de Clermont-Tonnerre ne réhabilite pas seulement un personnage, elle interroge notre manière de juger. Et, mine de rien, elle nous met face à nos propres certitudes. À lire jusqu’au bout, épilogue compris, en gardant en tête les Trois Mousquetaires… mais en ouvrant grand les yeux sur ce qu’on croyait savoir.
De quoi ça parle
Par une nuit glaciale, le père Lamandre recueille une fillette de six ans venue frapper avec insistance à sa porte. L’enfant aux yeux admirables tremble de froid et de faim. Elle a les pieds en sang dans ses souliers à boucles d’argent, mais refuse de répondre aux questions qui lui sont posées. Le vieux prêtre ne saura que son prénom : Anne. Vingt ans plus tard, Anne est devenue Lady Clarick. Richissime, courtisée, elle a l’oreille des grands et le cardinal de Richelieu ne jure que par elle. Pourtant, dans l’ombre, quatre hommes connaissent son vrai visage et sont prêts à tout pour la punir de ses forfaits. Manipulatrice sans foi ni loi, intrigante, traîtresse, empoisonneuse, cette criminelle au visage angélique a traversé les siècles et la littérature : elle se nomme Milady.
Voici venu le temps d’écarter la légende pour rencontrer la femme. Même un personnage de fiction peut réclamer justice. Ce roman inoubliable, écrit d’une voix puissamment contemporaine, rend vie à Milady et nous offre son histoire dont Dumas a semé les indices dans Les Trois Mousquetaires.
Magnifique portrait d’une femme libre menant, pour sa survie, un jeu dangereux. Dans une époque où trop d’hommes voudraient la contraindre et la posséder, elle se bat – jusqu’à la transgression ultime – pour son pays, pour son idéal et pour sa liberté.
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