
Déçue d’être déçue
2,5/5
- Gendarme
- Tueur en série
- Motos
- Polar
- Roman policier
- Nombre de pages: 448 pages
- Paru en: 2025
Ce que j’en pense
Avec Jacques Saussey, je m’attends toujours à être happée. Ses personnages ont d’ordinaire une telle profondeur que je m’y attache immédiatement, ses intrigues me tiennent en haleine, et quand je referme un de ses livres, c’est presque avec regret que ce soit déjà fini. Mais avec Invisible, rien de tout ça n’a fonctionné.
Le roman repose sur une alternance de courts chapitres entre une jeune gendarme, Alice, et le tueur, Loulou. Sur le papier, cela donne une impression de rythme, mais en réalité, pendant les deux premiers tiers, il ne se passe pas grand-chose. Du côté de la gendarmerie, il n’y a même pas d’enquête : on assiste surtout à la vie quotidienne d’une brigade, à une formation de moto, à des détails du métier… mais pas à une véritable investigation. Du côté du tueur, on le suit dans sa petite routine, sans que cela crée la moindre tension dramatique. Le seul suspense réside dans ce fameux « plan » qu’il évoque, mais cela ne suffit pas à porter un thriller de cette ampleur.
Là où l’auteur m’avait habituée à une écriture immersive, sombre, capable de créer une atmosphère lourde et prenante, j’ai trouvé ici un style plus léger, presque simplifié. Cette fois, je n’ai ressenti aucune empathie pour les personnages, et c’est ce manque d’émotion qui m’a laissée complètement en dehors du récit. L’immersion, qui est normalement sa grande force, n’est jamais venue.
Et c’est bien là le plus grand décalage. D’ordinaire, ses romans me tiennent jusqu’à la dernière page. Ici, quand j’ai tourné la dernière, j’ai simplement soufflé : « ouf, c’est fini ». Ce n’était pas de la satisfaction, juste du soulagement.
En conclusion, Invisible n’est pas un mauvais roman, mais il ne ressemble pas à l’auteur que j’aime lire. Il m’a manqué son univers, son atmosphère, sa patte. Et j’en suis la première désolée, parce que j’aurais tellement aimé retrouver ce qui me captive toujours chez lui. Si on ne m’avait pas dit qu’il en était l’auteur, je ne l’aurais jamais deviné. C’est sans doute ce décalage, plus que l’histoire elle-même, qui m’a laissée aussi déçue.
De quoi ça parle
Le terrain de jeu de ce tueur en série ? Les autoroutes…
L’appel radio a mentionné le cadavre d’une femme retrouvé sur une aire de l’autoroute 43, près d’Albertville. » Un truc de malade « , a précisé le militaire de liaison.
Alice Pernelle, fraîchement sortie de l’école de gendarmerie, est la première à arriver sur les lieux avec sa brigade. Face à elle, la victime est nue, à genoux, les bras ballants. Empalée. Ses yeux grands ouverts ne voient que le vide.
Alors que, sous le choc, la militaire recule d’un pas, Loulou, lui, est déjà loin au volant de son camion. Ce soir, il passera la frontière allemande. Mais avant il rachètera des sacs poubelles, des gants Mapa et un bidon d’eau de Javel.
Pour la prochaine fois.
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