
Intelligent et humain
4,5 / 5
- Justice
- Procès
- Animaux
- Avocats
- Vengeance
- Nombre de pages: 336 pages
- Paru en: 2025
Ce que j’en pense
Quand j’ai ouvert le livre, j’ai eu peur. La dédicace, « à tous ceux qui luttent contre la maltraitance animale », et la couverture m’ont fait craindre le pire : un roman entièrement centré sur la cruauté animale, insoutenable du début à la fin. Mais non. Le sujet est bien là, en fil conducteur, parfois dur, parfois difficile à encaisser, mais il ne prend jamais toute la place. Et heureusement pour moi, en plus ce livre va bien au-delà.
Max Monnehay ne se contente pas de dénoncer la maltraitance animale, elle s’en sert comme d’un miroir pour révéler les dérives humaines. Elle explore cette perversité propre à l’homme, celle qu’on ne retrouve pas chez l’animal. Certaines métaphores sont d’ailleurs saisissantes, établissant des parallèles troublants entre nos comportements et ceux que l’on condamne. La cruauté animale est ici réelle, concrète, mais elle devient aussi le reflet de la cruauté humaine.
Ce qui m’a captivée, c’est le point de vue choisi. On est dans la tête d’un avocat, Alano, et ce regard change tout. On découvre le procès, les doutes, les émotions, les chocs. Le roman prend la forme d’un polar judiciaire haletant, rythmé, avec des scènes de tribunal d’une intensité folle et des rebondissements que je n’ai pas vus venir.
Et ce rythme, justement, ne retombe jamais. Tout au long du livre, Max Monnehay alterne entre présent et passé, créant des allers-retours qui maintiennent une tension constante. Cette construction apporte un vrai suspense, un souffle narratif qui nous tient accrochés du début à la fin. On est à fond dedans, sans jamais décrocher.
Le style de Max Monnehay est toujours aussi remarquable. Fluide, limpide, précis, elle place le curseur juste avant le trop. Elle pique, mais sans cruauté. Elle secoue, mais sans violence gratuite. Ces nuances, si maîtrisées, donnent toute sa force au texte. On ne lit pas, on vit, on dévore.
Et la construction est brillante car on connaît la fin dès le début, mais on ignore comment on y arrive. Et surtout, il y a cette vraie fin, celle de la toute fin, qui redonne sens à tout ce qu’on vient de lire.
En conclusion, Chiens fous est un roman fort, intelligent et profondément humain. Derrière la dénonciation animale, il interroge la justice, la perversion, la morale, et la place de l’homme dans ce qu’il choisit de qualifier de « sauvage ». Un texte marquant, lu d’une traite, et qui laisse son empreinte bien après la dernière page.
De quoi ça parle
Dans le calme apparent de Malameria, un petit village andalou où Alano Garcia, célèbre avocat pénaliste, a choisi de se retirer, les jours s’écoulent sous le signe de la sérénité. Pourtant, ce havre de quiétude se voit bientôt troublé. Cela a-t-il un lien avec son dernier et retentissant procès, celui de Vincent Sauriol ? Surnommé le Chien fou, cet homme a précipité la ville de Bordeaux dans la terreur avec une série d’effroyables agressions. Malgré un faisceau de preuves accablantes et l’indignation publique, Alano est persuadé de l’innocence de son client. Et plonge corps et âme dans la défense du jeune homme.
Entre salle d’audience et forêt andalouse, là où se trace la ligne entre chasseur et proie, Chiens fous est un thriller haletant qui interroge nos noirceurs et l’empreinte indélébile de nos choix. Une plongée brute et saisissante dans les abysses de la justice et de la nature humaine.
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