
Charmant
4,5 / 5
- Roman de terroir
- XIXe siècle
- Meurtres
- Suspens
- Amours
- Nombre de pages: 248 pages
- Paru en: 2024
Ce que j’en pense
Ce n’est pas du tout le genre de livre vers lequel je me tourne habituellement, et pourtant, j’ai été happée dès les premières pages. Les Pierres noires n’est pas un roman à suspense au sens classique du terme (même s’il en contient plusieurs), c’est avant tout une ambiance. Une atmosphère. Une époque.
On est au XIXᵉ siècle, au bord de la Loire, au cœur d’une nature omniprésente. La nature, ici, est presque un personnage à part entière. Elle dicte le rythme, impose sa force, sa beauté, mais aussi sa rudesse. Tout y est désuet, parfois même suranné, mais c’est justement ce qui fait tout le charme du livre. Albert Ducloz, qui vient de nous quitter à 85 ans, avait ce don rare de faire revivre un monde d’autrefois avec simplicité, humilité et humanité.
On retrouve ici tout ce qui fait la force des romans de terroir avec une vie de village, des secrets enfouis, des drames qui s’enchaînent et se répondent. Il y a des morts (pas naturels), des accidents, des actes criminels, et quand un mystère se résout, un autre surgit aussitôt. Rien d’artificiel pourtant, tout découle naturellement du précédent. Les rebondissements s’enchaînent, le suspense tient jusqu’au bout, sans jamais rompre la douceur du ton.
Les personnages, eux, sont à l’image de cette époque: simples, entiers, profondément humains. Peut-être pas toujours crédibles au sens strict, mais ils respirent la sincérité et s’intègrent parfaitement à cette atmosphère. On les suit avec curiosité, avec tendresse parfois, et surtout avec ce plaisir rare de se laisser porter par le rythme d’un autre temps.
Et puis, il y a cette écriture. Ce n’est pas de la grande littérature, non. Mais c’est un style profondément charmant, à l’image de celui qui l’a écrit. On sent la plume d’un homme âgé, son rythme, son regard, cette sagesse douce et un peu nostalgique. Ce charme suranné, un peu désuet, qu’aucun jeune auteur ne pourrait imiter. Et c’est justement ça qui rend ce livre si singulier, si attachant.
C’est un roman profondément humain, basé sur le ressenti, la générosité, l’entraide et la solidarité, face aux éléments comme à la dureté de la vie. C’est sincère, juste, et surtout, c’est beau.
Cette lecture a été pour moi une parenthèse bienvenue. Un souffle d’humanité. Ces personnages, avec leur cœur immense, redonnent foi en l’homme et en la bonté. Oui, je relirai cet auteur, parce que franchement, il fait du bien au cœur.
En conclusion, Les Pierres noires est un roman qui se déguste plus qu’il ne se dévore, comme ses fameuses omelettes aux cèpes 😋. Une fresque rurale et pleine de charme, entre roman de terroir et polar humain, où chaque page respire l’authenticité, la simplicité, la nostalgie et le charme d’un monde révolu.
De quoi ça parle
Au XIXe siècle, dans les campagnes bordant la Loire. Maxence, un simple ramasseur de champignons, se retrouve enseveli par un éboulement lors d’une cueillette. Lorsqu’il est retrouvé vivant par les habitants du village, une mystérieuse femme rousse est présente. Depuis, une série de décisions inattendues transforment le destin de Maxence.

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