Tome 5

Mitigée
3 / 5
- Gladiateurs
- Médecine
- Jésus
- Religions / Croyances
- Fantastique
- Nombre de pages: 544 pages
- Paru en: 2025
Ce que j’en pense
On dit, à juste titre, que la lecture, enfin le ressenti éprouvé lors d’une lecture, est subjectif. Ce qui est totalement vrai. Nos ressentis dépendent, entre autres, de notre état d’esprit pendant. Et, dans ce cas précis, mon ressenti sur ce livre est-il objectif ou totalement subjectif ? Ayant découvert ce cinquième tome pendant une mauvaise passe, aurais-je eu le même pendant une bonne passe ? Aucune idée…
Toujours est-il que je suis particulièrement mitigée. J’ai trouvé dommage que Derek ne participe pas à cette nouvelle épopée, mais par contre j’ai adoré l’évolution de Noam et de Noura que je finis par apprécier (je l’ai tellement détestée, à juste titre, durant les deux ou trois premiers tomes). J’aime changer d’avis sur les personnages, cela prouve le travail psychologique apporté par l’auteur.
Mais justement les concernant, j’ai trouvé (paradoxalement à ce que je viens de dire) que certains passages, et donc leurs conséquences, étaient un peu survolés. En même temps, cette période historique étant tellement riche (surtout que nous évoluons de la Gaule à Jérusalem en passant par Rome), il aurait été difficile de tout approfondir sans écrire une encyclopédie. Ceci dit, l’auteur avait déjà écrit sur Jésus et Ponce Pilate dans son excellent livre « L’Évangile selon Pilate », et il complète bien ce tome de La Traversée des Temps.
Ce tome m’a surtout marquée par la confrontation entre deux mondes. D’un côté, Rome, ce royaume terrestre où tout passe par la conquête, la domination, la violence. De l’autre, ce royaume spirituel en train de naître, censé incarner la foi et la paix… mais lui aussi traversé par la brutalité. L’auteur montre à quel point la spiritualité et la violence s’affrontent, parfois même se nourrissent l’une de l’autre. Jérusalem n’est pas idéalisée, c’est un lieu sacré, oui, mais profondément humain, donc fragile, sanglant, bouleversant. Et c’est là que le livre prend toute sa force.
Ayant écouté en format audio et non lu, j’ai trouvé que le rythme était inégal, surtout qu’en audio nous sommes très souvent interrompus par les notes, certes passionnantes, mais intempestives. Elles cassent notre immersion dans cette fiction. Je pense qu’en lecture papier, cet équilibre entre érudition et fluidité serait plus harmonieux, offrant une meilleure immersion.
En conclusion, mon ressenti mitigé est-il objectif ou pas ? Est-il complètement dû à mon état d’esprit et à la mauvaise passe durant sa découverte ? Certainement cela a joué sur l’ensemble et a amplifié le tout, mais je n’ai pas eu cet effet wahou que j’avais ressenti au début de cette épopée. Ce cinquième tome reste marqué par son ampleur, son érudition et la force des questions qu’il soulève. Je serais au rendez-vous pour le prochain, de façon sûre et certaine.
De quoi ça parle
La cueillette du gui, un élixir de jouvence cent pour cent gaulois, une assemblée de druides à l’ombre des grands chênes… Le fabuleux monde celtique n’en finit pas d’émerveiller Noam lorsqu’il débarque en Gaule. Mais bientôt l’irruption d’envahisseurs d’un genre nouveau, les Romains, vient bouleverser l’équilibre des forces.
Du célèbre Spartacus, figure de révolte et d’espérance qui défie la République romaine, à l’empereur Auguste et son épouse Livie, nouveaux maîtres de Rome au prix de morts suspectes et de crimes irrésolus, Noam assiste, perplexe, à l’apparition d’une concentration de pouvoir sans limites.
Très loin de là, à Jérusalem, un certain Jésus tient un tout autre discours que celui de Rome. Prônant l’égalité entre tous les hommes, sa parole ouvre un horizon radicalement neuf et suscite un espoir infini. Deux « royaumes » se dessinent : l’un terrestre et hégémonique, l’autre céleste et accessible à tous. Entre ces deux conceptions du monde, Noam devra-t-il choisir ?
D’un romanesque flamboyant et d’une érudition qui coule de source, ce nouveau roman d’Éric-Emmanuel Schmitt embrasse plusieurs civilisations fascinantes et met en présence deux visions de notre condition humaine, qui, sous d’autres visages, s’affrontent encore aujourd’hui.
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