
Coup de coeur
5 / 5
- Irlande
- Religion
- Homosexualité
- Fresque familiale
- Roman sociétal
- Nombre de pages: 864 pages
- Paru en: 2020
Ce que j’en pense
Impossible de ne pas refermer ce livre en larmes… mais punaise, que ce livre est beau, que ce livre nous transporte, que ce livre nous fait ressentir des émotions. On pleure, on rit, on se remet en question, mais on ne peut qu’aimer ou blâmer, et être indigné. Bref, ce livre est une pépite littéraire.
J’ai aimé ces dénonciations sociales et religieuses, j’ai aimé nos personnages, les sensibles, les machos, les excentriques, les hétéros et les homos. Difficile de dire mes coups de cœur, tellement il y en a, mais mention spéciale bien sûr pour notre Cyril. J’ai aimé sa fragilité, sa force, sa fuite, sa rédemption, bref, j’ai aimé toutes ses contradictions qui font de lui un être à part entière, et pas seulement un personnage fictif. Aucun d’entre eux ne fait figuration, chacun a son rôle.
Alors qu’au début, il y a quelques longueurs (mais paradoxalement pas longues à lire), tout prend sens, tout devient important petit à petit. Mais promis, les 850 pages ne sont pas suffisantes, on en voudrait plus, on ne veut pas quitter ni nos personnages ni cette ville de Dublin. On voudrait rester avec eux entre ces pages encore longtemps, peut-être même encore plus que longtemps.
Côté style, c’est beau, c’est limpide, c’est poétique, c’est irrévérencieux par moments, ironique à d’autres. Mais c’est toujours délicieux à lire, tellement profondément juste, pertinemment cynique, qu’en fait nous ne lisons pas des mots mais nous vivons avec nos personnages. Nous les accompagnons au fil de leurs vies, où leurs destins mutuels se croisent et s’entrecroisent.
Au-delà de l’histoire de Cyril, on plonge dans une Irlande stricte, avec ses règles, sa religion, ses jugements qui pèsent lourd. La recherche de soi, surtout quand on est gay ou une femme, est racontée avec tellement de sincérité et de profondeur que ça touche vraiment. Ce que j’ai aimé, c’est ce mélange entre des moments parfois durs, voire cruels, et d’autres un peu plus légers, avec de l’humour noir qui détend l’atmosphère. Ça rend le récit vivant, bien équilibré. Et au final, même si ça parle d’un contexte particulier, les combats des personnages sont universels, ils parlent à tout le monde.
En conclusion, plus qu’un roman, ce livre est une tranche de leurs vies, qui est devenue de ma vie tellement on se sent immergé dans ce récit. Je me suis identifiée tantôt à l’un, tantôt à l’autre dans leurs joies, leurs peines, leurs amours, leurs désillusions, leurs combats, leurs évolutions. Ce livre sera dans mon top de mes lectures de cette année, car vraiment, je ne suis pas prête de les oublier tellement je me suis attachée à eux, comme si je les avais rencontrés “pour de vrai”.
De quoi ça parle
Cyril Avery n’est pas un vrai Avery et il ne le sera jamais – ou du moins, c’est ce que lui répètent ses parents adoptifs. Mais s’il n’est pas un vrai Avery, qui est-il ?
Né d’une fille-mère bannie de la communauté rurale irlandaise où elle a grandi, devenu fils adoptif d’un couple dublinois aisé et excentrique par l’entremise d’une nonne rédemptoriste bossue, Cyril dérive dans la vie, avec pour seul et précaire ancrage son indéfectible amitié pour le jeune Julian Woodbead, un garçon infiniment plus fascinant et dangereux.
Balloté par le destin et les coïncidences, Cyril passera toute sa vie à chercher qui il est et d’où il vient – et pendant près de trois quarts de siècle, il va se débattre dans la quête de son identité, de sa famille, de son pays et bien plus encore.
Dans cette oeuvre sublime, John Boyne fait revivre l’histoire de l’Irlande des années 1940 à nos jours à travers les yeux de son héros. Les Fureurs invisibles du coeur est un roman qui nous fait rire et pleurer, et nous rappelle le pouvoir de rédemption de l’âme humaine.
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