Le livre du fossoyeur d’Oliver Pötzsch

Original et dépaysant

4,5 / 5

  • Roman policier historique
  • Antisémitisme
  • Morgue / Cimetière
  • Tueur en série
  • Vienne – 1893
  • Nombre de pages: 480 pages
  • Paru en: 2024

Ce que j’en pense

J’ai adoré ce livre autant pour son côté enquête policière que pour son ambiance générale. Derrière toute cette fiction (bien lire la postface, car elle n’est pas si fictionnelle que ça, finalement), ce roman est une vraie mine d’informations historiques et sociales.

On y découvre l’histoire de la criminologie, des sciences de l’époque, des mœurs viennoises, mais aussi celle d’une certaine famille Strauss (Johann Strauss) dont l’auteur mêle habilement le destin à celui de ses personnages. Et au milieu de tout cela, une (ou plusieurs ?) enquêtes policières menées par notre effronté Léo.

L’enquête est lente (logique, vu l’époque), mais elle prend le temps de poser ses bases et l’ambiance générale. Le rythme reste constant grâce à toutes ces histoires parallèles qui donnent de la profondeur à l’ensemble et rendent les personnages très vivants. J’ai aimé qu’ils aient un passé que l’on découvre peu à peu, avec leurs forces, leurs faiblesses, leurs blessures.

Côté intrigue, c’est passionnant et vraiment original (et parfait à lire en cette période de Toussaint…). Entre superstitions et modernité, entre science et croyances, entre morts et morts-vivants (sans qu’il y ait le moindre surnaturel), le roman trouve un équilibre rare. J’ai aimé sortir du déjà-vu et revu, apprendre un tas de choses sans jamais m’ennuyer, tout en me promenant dans les rues, morgues et cimetières de Vienne. J’avais l’impression d’y être et je voyais les décors défiler devant mes yeux.

Le style est agréable, fluide, entre désuet et moderne, à l’image de cette Vienne de 1893.

Mais le clou du livre, ce sont ses personnages. Entre notre trublion Léo, l’énigmatique Julia, le fossoyeur bourru mais tellement attachant et instruit, l’inspecteur en chef hyper compétent mais antisémite, et la jeune recrue sensible, l’auteur a su les dépeindre chacun à leur juste valeur. Mais quels sont leurs secrets inavouables ? Quelles sont leurs parts d’ombre, leurs faces cachées ?

Ce roman m’a aussi fascinée par la manière dont il aborde la naissance de la science criminelle et de la médecine légale. On y voit comment les hommes de l’époque tentaient de comprendre le mal, d’en faire une science, bien avant l’invention de la police scientifique. C’est instructif sans jamais devenir pesant.

En conclusion, Le Livre du Fossoyeur est une lecture totalement originale aussi enrichissante que captivante, entre polar historique, réflexion sur la mort et hommage à une époque en pleine mutation. Un roman dense, particulièrement documenté, parfois ironique, mais toujours juste et qui se lit autant pour son intrigue que pour son ambiance!

De quoi ça parle

Tout juste muté dans la capitale autrichienne, l’inspecteur Leopold von Herzfeldt hérite d’une affaire sanglante : une femme retrouvée égorgée et empalée. Pour élucider ce meurtre, Leo applique les règles innovantes de criminalistique, malgré la désapprobation de ses collègues, qui considèrent ses méthodes plus proches de la sorcellerie que du travail policier.

Heureusement, Augustin Rothmayer, l’étrange fossoyeur du cimetière central, et Julia Wolf, la séduisante téléphoniste à la Direction de la police, vont l’aider. Les victimes se multiplient, mais un élément émerge : toutes semblent en lien avec des valses noires, dans lesquelles un diable officierait.

Un thriller historique envoûtant qui nous plonge aux origines de la criminologie.

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