Le mardi était mon jour préféré de Corinne Abourmad

Superbe découverte

4 / 5

  • Seconde Guerre Mondiale
  • Adolescence
  • Amitié / Amour
  • Roman historique
  • Autoédition
  • Nombre de pages: 446 pages
  • Paru en: 2021

Ce que j’en pense

Encore une fois, je suis bluffée par un livre malheureusement inconnu qui, pourtant, est bien meilleur que certains best-sellers. Alors oui, il y a quelques facilités historiques, mais vraiment, cela ne gâche en rien ni l’intensité ni la véracité historique… et non, promis, je ne me contredis pas dans cette phrase.

Je trouve que ce livre est parfait pour faire connaissance avec cette période tristement célèbre. Nous suivons Simon, adolescent juif en 1938 à Berlin, jusqu’à la fin des années 40.

« Grâce » à lui, nous revivons les faits les plus marquants de cette décennie maudite.

Comme je le disais, il y a quelques facilités historiques, comme le fait de trouver des pneus neufs ou des gâteaux à Berlin en 1945. Mais l’intensité du livre ne repose absolument pas sur ces détails presque futiles. Et en 450 pages, l’autrice ne pouvait clairement pas s’attarder partout.

Et pourtant, paradoxalement, il y a une foule de faits historiques : de la Nuit de Cristal à la traque des nazis en Amérique du Sud. J’ai vraiment aimé cette vision globale d’une génération qui a vécu l’enfer, et qui a su (sans aucune aide) se reconstruire et avancer.

Outre le côté historique, j’ai profondément aimé Simon : sa complexité, ses tiraillements, ses déchirures, ses plaies qui resteront à vif toute sa vie mais qu’il tente de cicatriser. Ce roman ne joue jamais la carte du spectaculaire ou de la surenchère. Il s’appuie au contraire sur des portraits humains, souvent stupéfiants … parfois pour le meilleur, mais souvent pour le pire.

À cette époque, tout le monde n’est pas celui ou celle qu’il prétend être. Les apparences sont primordiales…

On alterne tout du long entre le beau et l’horreur, entre amours et guerre, entre amitiés et drames. C’est ce qui donne toute sa puissance à ce roman.

J’ai aussi aimé la manière dont l’autrice rend cette période accessible sans jamais la simplifier. Elle montre l’horreur sans voyeurisme, la survie sans pathos, et surtout l’après-guerre, cette zone grise où il faut vivre malgré tout.

En conclusion, un livre auto-édité qui n’a pas à rougir devant certains édités. Un roman que j’ai dévoré, qui m’a fait sourire, qui m’a réchauffé et broyé le cœur. Un livre qui m’a fait vivre mille émotions, qui m’a fait rencontrer des personnages (même les secondaires) profondément humains, sincères et justes… mais pas toujours pour le meilleur, même si…

De quoi ça parle

1938. Simon jeune adolescent berlinois est loin des préoccupations de l’époque. Il n’a qu’une obsession, sa promenade hebdomadaire en compagnie de sa jolie voisine. C’est pourtant lors d’un de ces fameux mardis qu’il voit sa vie basculer et son destin lui échapper. S’il n’a rien d’un héros, la richesse des rencontres, l’indéfectible amitié de Louis et son amour pour Karla révèleront chez Simon une force de caractère et une capacité à se dépasser. Pour autant parviendra-t-il à se remettre de sa terrible histoire et la résilience qui le caractérise sera-t-elle suffisante pour le conforter dans sa quête du bonheur ? « Le mariage de la peine et de la peur formait un tel imbroglio dans ma tête qu’il laissait place progressivement à une nouvelle forme de sentiment : la colère. Je n’avais pas d’agressivité en moi et n’avais jamais dû en user jusqu’alors. J’étais d’un tempérament calme et docile mais je sentais, cette fois, une sorte de fureur envahir chaque parcelle de mon corps »

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